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27 mai 2026

Objectif Climat : quand des investisseurs innovent pour décarboner l’économie

En résumé

Depuis 2019, la MAIF participe à l’initiative Objectif Climat : un laboratoire unique où une dizaine d’investisseurs français testent, comparent et réinventent leurs façons de faire pour accélérer la transition écologique. Six ans après son lancement, que nous a appris cette initiative ?

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Depuis le lancement des fonds Objectif Climat il y a six ans, nous avons expérimenté trois stratégies d’investissement distinctes pour répondre aux enjeux de la transition climatique. L'encours global de ces trois fonds s'élevait à plus de 650 millions d'euros au 31 décembre 2025.© Kokouu / Getty Images

Une initiative inédite chez les "Zinzins" !

En 2019, il se passe quelque chose d’inhabituel dans le milieu de la finance et des grands investisseurs institutionnels : les « zinzins », comme on les surnomme familièrement. Emmenés par la Caisse des dépôts et consignations, onze investisseurs, dont la MAIF, ont décidé d'accélérer leur action en faveur du climat. C’est vrai que nous avons renversé l’ordre du système avec cette initiative. Au lieu d’investir dans des produits tout faits comme ça se fait habituellement, nous avons mobilisé le marché pour obtenir des propositions qui répondent aux enjeux climatiques que nous avions identifiés , confirme Karine Leymarie, responsable Expertises Investissements et Finance Durable à la MAIF. 

Ainsi naît Objectif Climat, une initiative de place inédite : collective, expérimentale, ouverte à la critique… Et bien déterminée à faire progresser le marché.   Les montants que nous avons investis collectivement étaient significatifs mais nous ne nous sommes jamais mis en risque , précise Karine Leymarie.

Trois approches pour décarboner l’économie

Précisons qu’en 2019, cette offre de placements décarbonés n’était pas encore bien structurée. Pourtant, une vingtaine de sociétés de gestion va répondre à l’appel ! Après un an de travail et de procédure, notre groupe d’investisseurs sélectionne trois sociétés de gestion. Chacune porte une stratégie de décarbonation qui guidera la constitution de son portefeuille et son ajustement tout au long de la vie du fonds. 

La première stratégie testée, dite d’"alignement”, va cibler les entreprises déjà engagées dans une trajectoire compatible avec l’Accord de Paris*.

L’approche “solutions” oriente plutôt ses financements vers des acteurs économiques qui apportent déjà des réponses concrètes aux enjeux climatiques.

Tandis que le troisième axe, ”transition” choisit d’accompagner les secteurs émetteurs dans leur transformation.

Un laboratoire où la finance se confronte au réel

Contrairement à d’autres programmes de finance durable, Objectif Climat n’est ni une “charte” ni un label. C’est un laboratoire, au sens quasi scientifique du terme ! En six ans, entre pandémie, crise énergétique et remontée brutale des taux, les portefeuilles ont dû s’adapter à de multiples turbulences. 

Et c’est précisément là que l’expérience a été la plus instructive pour nos investisseurs, confirme Karine Leymarie : La vraie vie, ce sont des aléas économiques, des tensions sur les matières premières ou de l’inflation. Nos portefeuilles y sont exposés et nos entreprises aussi. L’enjeu est d’intégrer le défi de la décarbonation dans ces réalités, et non à côté

En cinq ans, accompagnés d’experts indépendants, les investisseurs d’Objectif Climat ont comparé, questionné et affiné les méthodes et leurs indicateurs. Et ce n’est pas fini. A la tête du conseil d’administration d’un des fonds, Karine attend encore beaucoup du projet de recherche conduit par l‘Université de Paris Dauphine pour aller plus loin dans l’analyse des résultats. Quand on parle de décarbonation, on évoque des enjeux de moyen ou long terme, ce n’est pas toujours spectaculaire mais ça fonctionne , estime notre experte en finance durable. 

Pour aller plus loin
Couverture du rapport de l'initiative Objectif climat
Que nous apprend l’expérimentation ?

Après six ans, les enseignements sont nombreux. La première, c’est que les stratégies climatiques fonctionnent pour décarboner l’économie et qu’elles sont complémentaires. Soutenir les pionniers, financer les solutions, accompagner les secteurs vers la transition… Ce rapport vous en dit plus sur chacune des voies expérimentées ces cinq dernières années dans le cadre de l’initiative de place Objectif Climat. 
 

Télécharger le rapport (ouvre un PDF)

Une aventure collective, où chacun progresse grâce aux autres

Objectif Climat n’est pas seulement un lieu où l’on mesure et compare : c’est aussi un espace de partage des pratiques, où l’on mutualise les questionnements comme les avancées. Chaque investisseur apporte sa culture et chaque société de gestion expose ses arbitrages, ses réussites… et ses limites. L’occasion pour nous, MAIF, de défendre notre vision de la finance : 

 Dans le monde de la finance, la MAIF est un acteur de taille modeste mais elle est écoutée. Lorsque nous avons de fortes convictions et des bonnes pratiques qui ont fait leurs preuves, nous les partageons. Notre objectif n’est pas seulement de bien faire pour nous-mêmes, mais de contribuer à faire bouger la place financière.

Au-delà des méthodologies, Objectif Climat ce sont près de 600 dialogues engagés avec les entreprises depuis 2020, avec des progrès significatifs à la clé pour nombre d’entre elles.

Et maintenant ? Objectif Climat poursuit sa route

Cinq après son lancement, Objectif Climat montre qu’un investisseur est autre chose qu’un simple allocateur de capitaux. Pour nous à la MAIF, c’est une manière concrète d’incarner notre raison d’être de société à mission, engagée pour une société plus durable et plus solidaire , souligne Karine Leymarie. 

Prolongée en 2024, l’initiative suit son cours et, entre temps, une seconde est née dans le même esprit pour préserver la nature : Objectif Biodiversité. En deux ans, cette nouvelle initiative de place a convaincu des investisseurs à son tour. Elle en fédère 20 à l’heure actuelle et dépasse 400 millions d’euros répartis dans deux fonds. Preuve qu’en finance, on peut expérimenter, apprendre des autres… et agir pour le climat ou la biodiversité.

* Adopté le 12 décembre 2015 à l’issue de la COP21 par 195 pays et l’UE, l’Accord de Paris sur le climat engage les signataires à limiter le réchauffement climatique en dessous des 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, d’ici la fin du siècle. Une limite au-delà de laquelle certains écosystèmes seront perdus.