Alors que plusieurs incendies majeurs touchent la France, MAIF accorde à ses...
Agissons ensemble pour le mieux commun
Asséchée par les canicules à répétition, la nature s'embrase. Dans les massifs forestiers, les pompiers luttent au péril de leur vie. Et pourtant, le réchauffement climatique risque d’aggraver la situation. La Fondation MAIF soutient des projets de réduction de notre vulnérabilité pour les décennies à venir.
Il faudra plusieurs années pour mesurer l’impact écologique des incendies de l’été 2026 en France. Mais au plan humain, on peut déjà parler de tragédie. Des pompiers ont perdu la vie, des centaines de milliers de personnes ont été évacuées, beaucoup ont perdu leur maison. Sur le papier, pourtant, ces feux étaient hautement envisageables. Après trois mois sans pluie et des épisodes caniculaires à répétition, le taux d’humidité des végétaux était partout proche de zéro. Le 12 juillet, une étincelle de disqueuse a suffi pour embraser 2 000 ha en forêt de Fontainebleau (77). À Biscarosse, le 24 juillet, la catastrophe a été déclenchée par l’incendie d’une camionnette. À Lège-Cap Ferret, on parle de travaux d’élagage trop près d’une ligne électrique. Sur les réseaux sociaux, la colère gronde, les questions pleuvent. Les incendies passés semblent n’avoir pas servi de leçon. Mais malgré tout, une immense solidarité se met en place. Plus de 5 000 propositions concrètes d'aide ont été enregistrées sur le site Préventraide, créé par l'association Prévention MAIF pour organiser la solidarité après une catastrophe naturelle.
Alors que plusieurs incendies majeurs...
Lire l'articleEn juillet 2026, pour les aider à honorer leur engagement citoyen, MAIF a accordé 10 jours de dispense supplémentaires à ses salariés pompiers volontaires.
Éric Maillé, chercheur à l’Inrae, étudie depuis vingt ans l’”interface habitat-forêt”, là où les maisons, routes et activités humaines côtoient directement la végétation. « Avant l’adoption de la loi SRU qui a limité l'étalement urbain, beaucoup de villes se sont étendues en emprise ou en lisière de massifs forestiers, à proximité immédiate de grandes masses de combustible » résume-t-il. Ce grignotage des espaces naturels par l’urbanisation augmente le risque de feux accidentels tout en complexifiant le travail des pompiers. En France métropolitaine, environ deux tiers des incendies de forêt sont liés à une imprudence. « La sociologie a changé, poursuit le chercheur. On est passé d’une population rurale qui connaissait le feu à une majorité composée de néo-urbains et de touristes beaucoup moins au fait des pratiques interdites. Quand la végétation est sèche, un mégot mal éteint ou un barbecue peuvent déclencher une catastrophe de grande ampleur. C’est là-dessus qu’il faut agir, il y a un gisement absolument énorme de progrès ». Partie prenante d’un projet soutenu par la Fondation MAIF, Éric Maillé souhaite aider les habitants de l’interface à se protéger. Pour cela, son équipe réalise un outil d’auto-évaluation que tout-un-chacun pourra utiliser pour mesurer son exposition au risque d’incendie et agir en conséquence.
• L’Institut géographique national a créé le site Remonter le temps, qui permet de comparer les vues aériennes de 1965 à nos jours. L’extension urbaine évoquée par Éric Maillé saute aux yeux !
Dans les zones inondables ou menacées par la hausse du niveau des mers, les pouvoirs publics ont acquis le droit d’expulser et de reloger les habitants trop exposés au risque. Ce n’est pas encore le cas dans les zones à risque d’incendie. En contrepartie, leurs habitants sont soumis à une obligation légale de débroussaillement (OLD), avec des modalités qui varient d’un département à l’autre (ici celles des Landes). « Faute de combustible, le feu s’arrête. Le débroussaillement consiste à créer un périmètre de protection, généralement sur une distance de 50 à 100 mètres autour des maisons » explique Marc Rigolot, directeur de la Fondation MAIF pour la Recherche. L’obligation de débroussaillement existe depuis longtemps dans les départements méditerranéens. À partir de 2022, la liste des zones concernées a été allongée pour prendre en compte les nouvelles données climatiques, par exemple en Sologne, Bretagne et Pays de Loire.
Les grands incendies de forêt projettent des brandons enflammés qui peuvent atterrir directement sur les toits ou au pied des habitations. Dans ce cas, le débroussaillement ne suffit pas. Pour résister au feu, la maison doit être construite et isolée en matériaux non combustibles. La société Efectis, partenaire de recherche de la Fondation MAIF, a publié un guide à l’attention des propriétaires et maîtres d’ouvrage.
Lors d’un incendie d’interface, 90 % des maisons détruites sont mal ou pas du tout débroussaillées. Le respect des OLD est un enjeu majeur en prévention du risque d’incendie, mais il n’existe pas de service public du débroussaillage. L’opération nécessite pourtant l’intervention de professionnels aguerris et bien équipés : il faut s’élever en hauteur, tronçonner, tailler, tondre, faucher, évacuer des quantités considérables de branches et de végétaux. Ici et là, des communes ou des associations réussissent à créer des structures mutualisées pour acheter le matériel en commun, planifier un calendrier d’intervention ou mettre des bennes à disposition. Mais dans l'ensemble, chacun doit faire avec ses moyens.
Anne-Laure F., près de Fougères (35), vit dans une maison qui jouxte un sentier de grande randonnée. Son terrain arboré, immense et luxuriant, n'échappe pas aux épisodes caniculaires. « Ma crainte, c’est qu’un randonneur mette le feu à la haie par inadvertance ou par malveillance. Depuis quelques années, il fait si chaud en été que tout pourrait s’enflammer d’un coup » justifie-t-elle. Chaque automne, depuis 2021, Anne-Laure fait appel à une entreprise spécialisée, tandis qu’un jardinier passe tous les mois pour le taillage et la tonte. « Au global, c’est un budget annuel assez important, de l’ordre de 3 000 euros pour 15 000 m2. Mais je me sens vraiment plus tranquille et protégée, surtout en été quand il fait chaud et sec » conclut-elle.
Docteur en physique, Aymeric Lamorlette (Université Aix-Marseille) explore les mécanismes de propagation du feu en milieu végétal. Avec la Fondation MAIF, il apporte son expertise au projet Jardins résilients, en coopération avec l’entreprise Efectis. « Le feu de forêt a besoin de relais pour avancer jusqu’au bâti, il se transmet par les herbes, les buissons, les arbustes, les massifs. On peut ralentir un incendie en choisissant une végétation d’ornement plus résistante » explique-t-il. « Débroussailler ne signifie pas tout mettre à nu, il faut conserver les fonctions écologiques du jardin en termes d'évapotranspiration et de maintien de l’humidité. Le but c’est plutôt de conscientiser les gens sur les risques liés à tel ou tel type de végétation, à les sensibiliser aux vertus de l’arrosage et d’inculquer des notions de distance de sécurité entre la forêt, les végétaux d’ornement et le bâti ». Les travaux de ce groupe permettront d’actualiser les guides, tel Le Jardin Exemplaire (Inrae 2020), qui contient de nombreux conseils à destination des particuliers. Par exemple, le paillage est préconisé dans de nombreux ouvrages pour garder l’humidité du sol et limiter les arrosages. Mais certains mulchs inflammables, à base d’écorce ou de bois séché, ne sont pas recommandés en zone à risque.
Depuis 2023, la Fondation MAIF soutient un projet de recherche sociologique dans le Parc naturel des Préalpes d'Azur. Il s’agit de comprendre pourquoi les traditions de brûlis volontaire et dirigé sont de moins en moins acceptées en France, alors même qu’elles constituent un moyen de prévention efficace contre les grands feux estivaux.
© Fondation MAIF
« Le risque de feu de forêt ne fait qu’empirer, il n’y a aucun doute à avoir là-dessus. Il faudra attendre au moins 40 ans avant que ça se calme, à condition de sortir de la consommation d'énergie fossile » avertit Aymeric Lamorlette, en écho au consensus scientifique international sur le réchauffement climatique. Quelle attitude adopter face à cette perspective peu réjouissante ? Dans un long article paru en juillet 2026, Sara Mac Allister, experte mondiale en feux de forêt, rappelle que, depuis des millions d’années, les feux naturels font partie du fonctionnement normal de la plupart des écosystèmes terrestres. Nos sociétés actuelles sont pourtant caractérisées par leur aversion au feu. C’est ainsi que naît le paradoxe : à force de vouloir que rien ne brûle, nous (humains) favorisons l’accumulation de combustible. Les forêts deviennent plus denses, les méga-feux deviennent plus probables. Pour Sara Mac Allister, « le véritable problème n'est pas la forêt qui brûle. Aux États-Unis, certaines estimations suggèrent que plus de 80 millions d'hectares brûlaient chaque année avant la colonisation européenne, contre seulement 1 à 4 millions d'hectares actuellement ». Elle nous suggère plutôt d’accepter que le feu fasse partie des écosystèmes, de rendre les habitations plus résistantes et de réintroduire les « bons feux » quand cela est possible.
Depuis juin 2022, MAIF achète des forêts en France et en Europe. Il s’agit de placements de long terme, axés sur la volonté de préserver un patrimoine naturel et de l’adapter au changement climatique.
Le fonds MAIF ForêtMots-clés :