En devenant “JEM” - Jeune Étudiant Militant – avec MAIF, il est désormais...
Agissons ensemble pour le mieux commun
En résumé
Créative et indispensable, la vie associative a besoin de liberté, d’engagement, et de soutien. Mickaël Huet est l'un de ses défenseurs. Il est délégué général du Mouvement associatif, une fédération qui représente une association sur deux en France et dont MAIF est partenaire. Entretien.
De nombreuses associations parlent des difficultés qu'elles rencontrent. La période est-elle critique ?
Mickaël Huet : Le modèle est sous forte tension, effectivement. Et, malgré cela, la vie associative est incroyablement vivante et résiliente. En 2025, 75 000 nouvelles associations ont été créées, c’est un record. Cela montre que, lorsqu'il y a un besoin dans la société, les citoyens s’organisent : et cela passe souvent par une association. Mais cette vitalité ne doit pas masquer les difficultés profondes que rencontrent aujourd’hui beaucoup d’associations.
Qu’est-ce qui fragilise aujourd’hui les associations ?
Il y a trois grands sujets. Le premier, c’est le financement. Depuis une vingtaine d’années, on est passé d’un modèle fondé sur les subventions à un modèle basé sur les appels d’offres. Les associations sont de plus en plus considérées comme des prestataires. Le deuxième, c’est la baisse des libertés associatives, avec des cadres de plus en plus contraignants. Et le troisième, qui découle des deux premiers, c’est la difficulté à s’engager dans la durée, notamment comme bénévole responsable.
Pourquoi le financement est-il devenu un problème si central ?
Parce qu’une subvention fait confiance au projet associatif, alors qu’un appel d’offres impose un cadre très rigide. Aujourd’hui, beaucoup d’associations passent trop de temps à répondre à des cahiers des charges, plutôt qu’à inventer des solutions adaptées à leur territoire. On risque alors de perdre ce qui fait la richesse du monde associatif : l’initiative citoyenne, la proximité et l’ancrage local.
On s’engage pour faire vivre un projet, pas pour courir après les financements
Et pourtant, les associations restent essentielles…
Bien sûr. On a tendance à l’oublier, mais la vie associative représente 9 % de l’emploi privé (NDLR : chiffre extrait de l'étude Vie associative 2025 de Recherches et solidarités*) Et ces emplois de l’économie sociale et solidaire ne sont pas délocalisables, notamment dans le médico-social, la petite enfance, l’aide aux personnes âgées ou en situation de handicap. Sans les associations, beaucoup de services du quotidien s’arrêteraient tout simplement.
Pensez-vous que cela joue sur l’engagement bénévole ?
Clairement, oui. Il y a toutefois une bonne nouvelle : les jeunes s’engagent de plus en plus. Le bénévolat d’action, qui consiste à donner un coup de main ponctuellement, fonctionne très bien. En revanche, ça coince sur l’engagement dans la durée et dans la gouvernance, notamment dans les conseils d’administration et les bureaux. Parce que gérer une association aujourd’hui, c’est souvent gérer des incertitudes financières ou budgétaires, voire des tensions sur l’emploi s’il y a des salariés dans la structure. Or, les bénévoles ne s’engagent pas pour cela. ils veulent faire vivre un projet, pas courir après les financements.
Le soutien aux associations, c’est un investissement pour la cohésion et l’avenir de nos territoires
Comment redonner envie de s’engager ?
Il faut d’abord redonner de la visibilité et de la confiance aux associations, notamment avec des financements plus stables dans le temps. Il faut aussi moderniser les formes de gouvernance, partager les responsabilités pour alléger la charge du président ou de la présidente. Et puis il y a un levier très important : les entreprises engagées, comme la MAIF. Dans le cadre de leur stratégie RSE, permettre aux salariés de consacrer du temps, dans la durée, à des projets associatifs, peut vraiment renforcer l’engagement.
Les associations sont-elles encore un pilier de notre société malgré ce qui les fragilise ?
Absolument. On ne s’en rend pas toujours compte, mais on croise des associations à chaque étape de notre vie : à l’école, dans le sport, la culture, la santé et la solidarité. Elles jouent un rôle essentiel pour faire société, lutter contre le sentiment d’impuissance et recréer du collectif. La vie associative, c'est l’un des lieux où l’on apprend encore à débattre, décider et agir ensemble.
Quel message aimeriez-vous faire passer au grand public ?
Soutenir les associations ne doit pas être considéré comme une charge. C’est un investissement pour la cohésion sociale, la démocratie locale et l’avenir de nos territoires.
* La France associative en mouvement est une étude annuelle menée par Recherches et Solidarités avec le soutien de HEXOPÉE et de la Direction de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative. Sa dernière étude est parue en octobre 2025.
Les associations font battre le cœur de nos territoires mais, aujourd’hui, leur modèle est sous tension. On en parle ici et on vous partage nos solutions MAIF.
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