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En résumé
Un tribunal, un accusé, des témoignages bouleversants… et les vidéastes MAIF. En mai dernier, le palais de justice de Niort s’est transformé en plateau de tournage pour un court-métrage. Récit d’une semaine où la fiction s’est mise au service du réel et de la prévention.
Une soirée entre amis, insouciante et festive. Quelques verres, des rires, du protoxyde d’azote… puis une suite de mauvaises décisions. Et, en quelques minutes, des vies brisées à jamais.
C’est avec ce scénario, aussi simple que terrible, que le nouveau film de l’association Prévention MAIF nous plonge dans la mécanique implacable d’un drame routier. Tourné en mai 2026 au tribunal judiciaire de Niort, ce court-métrage en deux parties sort dans quelques jours. On vous emmène dans les coulisses de son tournage.
9 heures, salle d’audience du tribunal de Niort. Un jeune homme se tient à la barre, visage fermé, regard fuyant, épaules lourdes. Il s’appelle Théo et il a 20 ans. Il est jugé pour un accident mortel. Face à lui, le président de la cour mène les débats. La scène a tout d’un procès réel : les silences pèsent, les mots frappent juste. Et pourtant…
Coupez !
Tout est faux ou presque, ce jour-là. Théo est interprété par le comédien Bastien Blassel. Dans la salle, aux côtés des équipes de notre studio de création vidéo, des salariés MAIF volontaires vêtus de la robe noire des avocats, des étudiants, des figurants. Mais également un vrai juge, dans un vrai tribunal, qui a accepté de jouer son propre rôle pour l’occasion.
Nous sommes au cinquième et dernier jour d’un tournage intense pour le compte de Prévention MAIF. L'association créée par MAIF sensibilise les citoyens aux risques depuis plus de 45 ans. Son ambition et celle de nos vidéastes : montrer sans filtre la réalité d’un accident pour en faire mesurer les conséquences.
Produit et réalisé par notre studio de création MAIF pour l'association Prévention MAIF, le film se déroule en deux temps :
Premier épisode : "Sa chanson préférée"
Une fête étudiante bat son plein. Camille, Théo et leurs amis profitent de la soirée : alcool, protoxyde d’azote, musique forte, euphorie collective. Rien d’exceptionnel, jusqu’au moment où Camille fait un malaise. Alors la panique s’installe et le groupe fait le pire des choix : prendre la voiture, malgré l’alcool et la fatigue. Sur la route, chaque seconde compte et chaque erreur s’additionne, jusqu’au point de non-retour…
Deuxième épisode : "Dossier n° 79285 - Homicide routier"
Ce second épisode nous plonge dans l’après… au tribunal où l’on juge Théo, le conducteur de la voiture. Dans la salle d’audience bouleversée, les faits sont minutieusement reconstitués. Les témoignages s’enchaînent, révélant comment une succession de décisions : boire, inhaler du protoxyde d’azote, ne pas appeler les secours, conduire en état d’ébriété, répondre à un téléphone… a conduit à l’irréparable : deux morts et des séquelles physiques ou psychiques irréversibles pour tous les protagonistes.
De témoignages en plaidoiries, la cause du drame se dessine : non pas l’acte isolé d’une mauvaise personne mais une succession de renoncements à la vigilance.
En plein tournage, il y a des scènes qui bouleversent, et c’est le cas du témoignage à la barre de Typhaine. Incarné par la comédienne Alicia Bader, le personnage raconte la perte, en une seule nuit, de sa fille unique et de son compagnon, victimes de l’accident. Dans la salle, le silence est total lorsque la scène s’achève. Plusieurs figurants essuient leurs larmes. Les maquilleuses s’activent pour repoudrer les visages défaits. Il faut poursuivre, le tournage n’est pas fini.
Ce film ne cherche pas à montrer “un drame de plus” mais comment un tel accident arrive vraiment. Et ce faisant, il nous plonge avec les personnages dans l’insouciance de la soirée, puis dans l’urgence, la peur et la violence des conséquences. Tout résonne comme proche, possible, réel. Et c’est bien cette proximité qui nous fait basculer de l’émotion à la prise de conscience. Ce film doit amener chacun à réfléchir à sa responsabilité, aux conséquences liées aux addictions et à l’ensemble des répercussions physiques, psychologiques et juridiques qu’un accident peut engendrer
, précise Nicolas Courjaud, directeur de l’association Prévention MAIF à l’origine du projet.
Dans la salle d’audience, une trentaine d’étudiants suivent le tournage attentivement. Ils connaissent chaque réplique, chaque situation. Normal, ce sont eux qui ont écrit le scénario ! Étudiants du BTS Biologie médicale au lycée de la Venise Verte, à Niort, les jeunes gens ont rédigé toute l’histoire, à 27. Un projet proposé et encadré par leur enseignant de culture générale, Thomas Le Juge. Ça nous change de notre quotidien en labo
, sourit l’une des étudiantes entre deux prises.
Pour Prévention MAIF, leur participation était essentielle. Nous voulions absolument le regard de la nouvelle génération, leur sensibilité et leur manière de raconter
, explique Agnès Rénié, pilote du projet chez Prévention MAIF. Un premier film avait été tourné en 2008 (et diffusé sur DVD !) mais sa réécriture a clairement modernisé le propos. Les étudiants ont immédiatement eu l’idée d’intégrer des éléments très actuels comme le protoxyde d’azote. Or il se trouve que cette consommation de gaz et le téléphone au volant sont deux circonstances souvent retrouvées dans les analyses d’accidentologie
, précise-t-elle.
L’une des séquences les plus impressionnantes s’est jouée de nuit, dans le quartier de Souché, à Niort. Deux rues fermées, des voitures accidentées, de vrais pompiers et même des habitants attirés par l’agitation. C’était bluffant de réalisme, on a vraiment eu l’impression d’être sur une intervention
, témoigne Sleman Osta, vidéaste MAIF et réalisateur mise en scène du projet. On est très contents du tournage et de l’implication de chacun.
Pompiers des Deux-Sèvres, juge du tribunal, étudiants… Tous ont participé gracieusement. Tous ont joué le jeu, mobilisés autour d’un objectif commun : la prévention.
Les deux courts-métrages ont été diffusés en avant-première le 15 juin 2026 avec l’ensemble des participants. Dès la rentrée prochaine, ils rejoindront le catalogue d’actions de Prévention MAIF et seront utilisés partout en France, notamment auprès de lycéens, dans le cadre d’une opération intitulée Tribunal pas banal. J’ai hâte de voir comment ces films vont vivre, et comment ils seront utilisés et accueillis sur le terrain
, confie Agnès Rénié. Car au-delà du tournage, l’enjeu est bien là : provoquer une prise de conscience, ouvrir le dialogue et éviter qu’une telle fiction se réalise.
Vous encadrez ou enseignez à des lycéens ? L’action Tribunal pas banal est faite pour eux. Pour en bénéficier, contactez l’antenne Prévention MAIF la plus proche de chez vous !