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26 mars 2026

Dix projets artistiques pour se réconcilier avec le vivant

En résumé

Notre Prix MAIF Métamorphoses a révélé sa première promotion d’artistes lauréats le 24 mars. Tissés dans les territoires avec les habitants et des fragments de nature, leurs projets nous invitent à reconsidérer notre rapport au vivant.

Le 24 mars 2026, notre Prix MAIF Métamorphoses présentait ses tout premiers lauréats au MAIF Social Club. Leur point commun ? Ces jeunes artistes ne se contentent pas de poser un regard sur le vivant mais ils font de l'art son allié. Ancrés dans leurs territoires, leurs projets d'œuvre associent les habitants, les lieux de formation ou de recherche, des associations ou encore des agriculteurs. Des projets sensibles et accessibles qui nous rapprochent du milieu vivant et nous rappelle qu'en tant qu'humain nous en faisons partie.

Au cours des prochains mois, les dix lauréats du Prix Métamorphoses bénéficieront d'une semaine en résidence d'artiste et d'un accompagnement technique pour réaliser leurs projets. Deux d'entre eux, obtiennent en sus une enveloppe financière pour concrétiser le leur. 

Théophile Peris emporte notre Grand prix avec Des montagnes de laine

Pour cette première édition, Théophile Peris s’est distingué par une démarche exemplaire. Avec son projet Des montagnes de laine, l’artiste s’immerge dans les Pyrénées pour travailler main dans la main avec les éleveurs, la Filature de Niaux et les habitants. Ensemble, ils projettent de créer de vastes feutres de laine, fabriqués au fil de gestes ancestraux : triage, lavage, cardage, teinture, foulage. Chaque étape de fabrication sera ouverte, participative et festive pour faire vivre au public une expérience sensible et culturelle.

Fabrication collective d’un grand feutre à Gavray-sur-Sienne, lors d'une précédente exposition de Théophile Peris, intitulée "La véritable histoire de la foire Saint-Luc".© Théophile Peris

Pour cet artiste de 29 ans, né à Agen et formé à EESI de Poitiers, la matière n’est jamais neutre : elle est mémoire.  Je ne peux imaginer une œuvre détachée de son contexte géographique, social et écologique. Je cherche à rendre visibles les ressources prélevées, à interroger nos relations aux milieux et aux matières. Les objets que je produis sont pour moi des réservoirs d’histoires : ils contiennent la mémoire de la matière, la trace des techniques mobilisées et l’empreinte de leurs usages possibles , résume-t-il. Théophile Peris vit et travaille entre Moncrabeau, dans le Lot-et-Garonne, et Marseille. Ses œuvres ont déjà été exposées au Mucem, au Centre d'art contemporain de Saint-Fons, près de Lyon, ou encore au centre de performance artistique Centrale Fies, en Italie.

Sa vision a touché le jury tant elle s'accorde avec l'essence même de notre Prix MAIF Métamorphoses : créer non pas sur un territoire, mais avec lui, révéler la valeur des ressources locales et redonner de la place aux gestes partagés. Avec ce Grand prix, le jury salue un travail qui relie art, territoire et écologie.

Le Prix du jury pour Remédier à la solastalgie des sols, de Jade Tang

En plus du prix spécial, un second prix était décerné : le Prix du jury, attribué à Jade Tang. Avec son projet Remédier à la solastalgie des sols, l’artiste explore les terres meurtries de la Meuse, territoire marqué par les cicatrices de la Grande Guerre, l’agriculture intensive et les projets industriels d’enfouissement nucléaire. Elle y interroge la longue mémoire du sol, sa lente transformation et la manière dont il continue d’accueillir les activités humaines, ou d'en souffrir.

Pour rendre perceptible cette histoire invisible, Jade Tang a choisi de s’entourer des élèves du lycée agricole de Bar-le-Duc, avec lesquels elle développe un corpus de sculptures olfactives. À base de plantes, de matières récoltées sur place et d’huiles essentielles, ses œuvres inviteront à sentir ce que l’œil ne perçoit plus : la richesse, la fragilité et parfois la fatigue des sols.

Un moyen d'écouter la terre et de mettre en valeur les pratiques paysanne, scientifiques ou citoyennes qui prennent soin de la terre. Formée à la Haute École des Arts du Rhin, Jade Tang expose au Fonds régional d'art contemporain Alsace, au Centquatre-Paris et au Musée des Beaux-Arts de Nancy.

© Louise Vendel

Dix artistes et autant de façons de collaborer avec le vivant

Autour du Grand prix et du Prix du jury, huit autres artistes ont été sélectionnés. Ces dix lauréats sont sélectionnés pour la Régénérative Académie, prévue cet été au Campus de la Transition qu'abrite le château de Forge et son domaine, en Seine et Marne. Chacun d'entre eux y explorera une manière différente de se relier aux milieux naturels et d’en prendre soin. Voici leurs projets :

Guillaume Barborini : Corder la terre et s’y hisser

À partir d’orties cultivées puis transformées collectivement en fibres et en cordes, l’artiste crée une grande sculpture-tresse. Récolter, rouir, tresser... ces gestes lents permettent de renouer avec des savoir-faire oubliés, dans un rapport humble aux plantes.

Anne Chaniolleau & Dove Perspicacius : Jour de vase

En Gironde, les deux artistes revalorisent la vase issue des bassins de décantation. Elles imaginent une fête locale où habitants et riverains transformeront ensemble cette matière en objets de céramique et en récits. Une manière poétique de redonner sens à ces boues qui étouffent faune et flore dans les embouchures des rivières où elles s'accumulent.

Catherine Duverger : Cry me a river and build me a bridge

À Rennes, le fleuve de la Vilaine pourrait devenir un lieu rituel : costumes inspirés de la faune, barques habillées, chants… Catherine Duverger réinvente une cérémonie collective, sorte de procession, pour rendre au fleuve sa place dans l’histoire et dans la ville.

Aurélie Ferruel & Florentine Guédon : Appel à la Vienne

Sur les bords de la Vienne à Limoges, un rituel artistique annuel prend forme : sculptures, chants, repas partagé, gestes codifiés. Et chaque année, la sculpture centrale de cette fête se décomposera pour devenir un habitat naturel. Puis renaître autrement l’année suivante.

© Laurent Grivet

Aurélie Ferruel & Florentine Guédon : Appel à la Vienne

Sur les bords de la Vienne à Limoges, un rituel artistique annuel prend forme : sculptures, chants, repas partagé, gestes codifiés. Et chaque année, la sculpture centrale de cette fête se décomposera pour devenir un habitat naturel. Puis renaître autrement l’année suivante.

Crème Soleil : Ghost Pelt

Le collectif Crème Soleil imagine une installation à partir de fourrures récupérées et rongées par le temps. Avec ce projet, le matériau raconte les traces laissées par les animaux, les insectes et la matière elle‑même. Une invitation à penser autrement la mémoire du vivant.

Manon Lanjouère : Mémoire Sauvée de l’Eau

À travers un tryptique film-photographies-sculptures l'artiste révèle les ravages du chalutage industriel sur les coraux. Mémoire Sauvée des Eaux explore ce qui disparaît sous la surface et imagine un rituel pour réensemencer symboliquement l’océan.

Ile/Mer/Froid : Les Autes

Le long du Thiou, à Annecy, des modules en céramique accueilleront des oiseaux, des insectes et des mousses. L’œuvre transformera l’espace public en refuge pour la biodiversité, en lien direct avec des associations naturalistes locales.

Elvia Teotski — Le Chant dolent

Sous les prairies rennaises, l’artiste met en lumière les strates du sol, les galeries de vers de terre et la mémoire enfouie. Vivante, son installation, conçue avec des habitants, des associations et des étudiants, fait le lien entre soin du sol et soin du territoire.

Pour en savoir plus sur ces projets et les artistes qui les portent, vous pouvez consulter et télécharger notre dossier de presse de présentation des lauréats 2026 :

Prix MAIF Métamorphoses : un accompagnement complet aux artistes

Chacun des lauréats bénéficiera de :

♦ Une immersion à la Régénérative Académie, une semaine de formation et de rencontres dédiée aux liens entre art, nature et biodiversité.

♦ Un accompagnement technique pour développer des œuvres respectueuses du vivant.

♦ Une mise en réseau avec des lieux culturels engagés partout en France.

Le Grand prix octroie une bourse de 20 000 euros pour permettre à l'artiste de mener à bien son projet, ainsi qu'un accompagnement sur mesure jusqu’à sa diffusion, prévue d’ici l’été 2027. Il est attribué à Théophile Peris cette année.

Le Prix du jury reçoit, quant à lui, une bourse de 5 000 euros pour accompagner le déploiement de son projet. Sa lauréate est Jade Tang.

Tout savoir sur le Prix MAIF Métamorphose

De l'art à l'action écologique ?

À la MAIF, grâce à notre dividende écologique, nous agissons concrètement pour la biodiversité et nous rappeler sa valeur. Avec le Prix MAIF Métamorphoses, nous pouvons démontrer que l'art n’est ni un luxe ni un geste symbolique. C’est une manière de rendre palpables des enjeux souvent abstraits, et d’impliquer les citoyens grâce à des expériences sensibles près de chez eux.