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Agissons ensemble pour le mieux commun
En résumé
Dans cette toute petite commune de l’Ain, les habitants et leurs élus tentent une autre manière d’habiter leur territoire, accompagnés de quelques experts. L’eau ici n’est plus seulement un risque : on cherche à en faire une alliée. Un projet cofinancé par notre Fonds MAIF pour le vivant.
Reportage à Colomieu, dans l'Ain, pour découvrir le projet de la commune et son avancée depuis le lancement en 2024.
Des sols craquelés ou des maisons sous l’eau… chacun a déjà observé ou même vécu ces situations. Partout en France, inondations et sécheresses se succèdent de plus en plus fréquemment, laissant des territoires fragilisés et des habitants éprouvés. Pour faire face à cette réalité, un petit village de l’Ain, a choisi une voie originale. Plutôt que de lutter contre l’eau, la commune de Colomieu a décidé de changer son regard et d’agir autrement.
Pour comprendre ce qui se joue, nous interrogeons Charline Descollonges. Elle est hydrologue et spécialiste d’une approche encore peu connue de cette science qui étudie les rivières et les cycles de l’eau : l’hydrologie régénérative. « C’est un changement de culture… L’hydrologie régénérative va travailler sur les processus naturels, car on peut faire énormément de choses pour soigner les rivières à partir du vivant », explique-t-elle.
Premier principe : au lieu d’évacuer l’eau le plus vite possible, on cherche à la ralentir et on l'aide à s'infiltrer pour la retenir. Mais pourquoi est-ce important de la garder sur le territoire ? « Pour qu’il soit plus robuste face aux sécheresses, aux inondations et aux incendies », répond l’hydrologue. Une révolution discrète, qui remet en cause des décennies d’aménagements fondés sur l’écoulement rapide !
À Colomieu, cette vision, amorcée par la municipalité, est devenue un projet collectif qui implique ses 160 habitants. Climat, biodiversité, confort thermique, l’eau est pensée ici comme un levier global pour améliorer la qualité de vie. Et cela se traduit par des aménagements spécifiques, comme des noues paysagères ou des plantations. « Même dans les bourgs ruraux, il y a des effets de chaleur. L’un des buts de la plantation d’arbres, en plus de ralentir le chemin de l’eau, c’est de bénéficier de la fraicheur qu’ils génèrent », indique son maire Gilles Borgey.
Au cœur du projet, certains aménagements surprennent. Dans le lit de la rivière, par exemple, des structures en bois et végétaux imitent le travail… des castors. Charline Descollonges, l’hydrologue, précise : « Ce sont des ouvrages castor-mimétiques… des sortes de “lasagnes” végétales qui filtrent l’eau sans bloquer totalement son écoulement. »
En ralentissant l’eau et en remontant le niveau de la rivière, ces dispositifs permettent aux sols environnants de se réhydrater. Résultat : moins de sécheresses, moins de ruissellements violents… mais plus de biodiversité grâce aux nouveaux habitats créés. Une hydrologie plus douce pour tous les habitants.
Un tel projet ne pourrait voir le jour sans soutiens financiers. Et à Colomieu, ceux-ci ont été multiples. L’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse a couvert 70 % du projet. Un financement complété par le département et par plusieurs acteurs privés pour atteindre les 580 000 euros du budget nécessaire à sa réalisation, de la conception aux travaux. Parmi eux, notre Fonds MAIF pour le vivant a permis de boucler le financement.
La commune de Colomieu est en effet l’une des quarante structures d’intérêt général à avoir déjà bénéficié d’un financement du dividende écologique MAIF, en tant que lauréate de l’appel à projets annuel Fonds MAIF pour le vivant – Nature 2050. Une initiative que nous dédions au soutien de solutions concrètes d’adaptation au changement climatique.
Lors du processus de sélection en 2024, le projet de Colomieu avait marqué les esprits. Jusqu’à taper dans l’œil d’une de nos sociétaires MAIF, impliquée dans l’instruction des projets de cette année-là ! « L’ambition et le sérieux de la démarche de cette toute petite commune rurale » l'avaient beaucoup séduite, tout comme sa dimension reproductible. Face aux crises de l’eau, plutôt que laisser la peur dominer, les habitants de Colomieu ont en effet choisi de se reconnecter à leur rivière, passant d’une logique de réparation à une logique d’anticipation et de prévention.
« Les habitants d’ici se sont mis dans l'action et ils se sont reconnectés à leur environnement et à l'histoire de la rivière. C'est une démarche beaucoup plus intéressante et robuste sur le temps long car elle montre qu'on peut agir et que la solution n’est pas seulement technique mais aussi humaine », défend Charline Descollonges. Une perspective encourageante dans le contexte de changement climatique que nous connaissons : celle de territoires plus résilients, plus autonomes et plus apaisés dans leur rapport à l'eau.
Alimenté par notre dividende écologique MAIF, le Fonds MAIF pour le vivant finance des projets qui protègent ou régénèrent la biodiversité, sans recherche de rendement. Son but : rendre les territoires plus résilients face au changement climatique.
Notre prochain appel à projets 2026-2027 ouvrira en septembre pour les sélectionner. Découvrez les critères et les informations nécessaires pour candidater dès son ouverture en septembre 2026
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