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19 août 2022 | Auvergne-Rhône-Alpes

Moins de CO2 dans nos assiettes : de jeunes athlètes relèvent le défi

En résumé

Ces espoirs de l’athlétisme français se sont frotté à une séance d’entraînement inhabituelle, le 26 mars dernier à Lyon. Coachés par la cheffe Chloé Charles et encadrés par les champions Renaud Lavillenie et Marie-José Pérec, une trentaine de jeunes sportifs ont été initiés à l’alimentation durable. Un sujet qui nous concerne tous.

Une alimentation responsable, c'est quoi ? C'est ce qu'ont expérimenté, au travers d'un atelier culinaire, de jeunes espoirs de l'athlétisme, accompagnés de Marie-José Pérec, Renaud Lavillenie et de la cheffe Chloé Charles.

Les cuisines d’un restaurant ! Le lieu de rendez-vous n’est pas banal pour les jeunes espoirs de l’athlétisme français formés ce jour-là. Pour les accueillir : Chloé Charles. Bien connue du grand public depuis sa participation à l’émission Top Chef en 2021, la cheffe cuisinière les a mis aux fourneaux. C’était très intéressant de leur montrer que la cuisine écoresponsable peut être simple, gourmande, mais aussi bonne pour eux en tant que sportifs, témoigne-t-elle.

Alimenter la performance

Organisée par la Fédération française d’athlétisme (FFA) et MAIF, la formation s’inscrit dans le dispositif Ambition 2024. Un programme de la FFA qui accompagne les jeunes athlètes vers le plus haut niveau et la gestion de leur carrière professionnelle. L’alimentation joue un rôle important dans la carrière d’un sportif. Un des facteurs de blessure, c’est une mauvaise alimentation. Mais c’est souvent lorsqu’on est confronté à des défaites ou à des blessures que l’on remet en cause ses habitudes , rappelle Renaud Lavillenie. Champion olympique de saut à la perche, il est également ambassadeur du mouvement Sport Planète, que nous fédérons pour sensibiliser et accompagner les acteurs du sport dans une pratique écoresponsable de leurs disciplines. Un message de prévention qu’il est venu délivrer à ces sportifs, espoirs de l’athlétisme français.

Passer sous la barre des deux tonnes

Et parce que l’alimentation dépasse de loin les seuls enjeux de performance d’un sportif de haut niveau, nous vous emmenons dans la seconde partie de ce documentaire à la rencontre de Jean-Luc Fessard. Ce journaliste spécialisé en environnement a créé il y a sept ans l’association Bon pour le climat, qui agit pour que soit proposée une alimentation bas-carbone dans les restaurants. Il a mis au point un écocalculateur permettant de mesurer l’impact carbone des menus. Un outil qu’il nous présente aux côtés du chef du restaurant gastronomique économique La Table de Colette, Josselin Marie, membre actif de l’association.

Rappelons-le, deux tonnes équivalent CO2, c’est la quantité de gaz à effet de serre que chacun d'entre nous émettrait par an pour l’ensemble de ses activités, dans un monde neutre en carbone. Aujourd’hui la moyenne des émissions annuelles de CO2 par Français se situe entre dix et onze tonnes. Et notre alimentation représente presque un tiers de ces émissions. Une belle marge de progression s'offre à nous !

Produits carnés : les réduire ET les choisir

De façon générale, nous, Français, mangeons trop de viande. Mais comment savoir quelle quantité nous suffirait ? Didier Lehénaff, professeur agrégé en éducation physique et sportive et président de SVPlanète (concepteur des Eco-Games) nous indique cette règle assez simple à retenir : un gramme de protéine par kilo de poids de corps et par jour pour une personne adulte . Pour les sportifs, les quantités sont plus importantes, mais gare à la surconsommation ! De nombreuses maladies y sont associées.

Au-delà de l'aspect nutrionnel, Jean-Luc Fessard et Josselin Marie nous aident à comprendre le poids environnemental de la viande avec l'exemple du bœuf : Quand on dit de la viande de bœuf qu’elle a un très mauvais poids carbone, c’est parce que l'immense majorité des bœufs que l’on consomme ne voient pas un brin d'herbe, qu’ils évoluent dans des infrastructures en béton et sont nourris avec du soja OGM, responsable de beaucoup de déforestation. Si le même bœuf est élevé dans des pâturages qui stockent le carbone et n'est nourri qu'avec des céréales produites à la ferme, son poids carbone est complètement différent.

Nous l'avons compris, d'ici 2030 il nous faut tous passer sous la barre des deux tonnes de CO2. Ce n'est pas gagné, mais ce n'est pas infaisable. Si le sport nous apprend à nous dépasser, il peut nous fédérer pour relever ce challenge, collectivement.