- Accueil
- Actualités
- Coeur sur la forêt
Coeur sur la forêt
En résumé
Pour aider les forêts à s'adapter au dérèglement climatique, le Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne souhaite expérimenter la plantation de chênaies et hêtraies en altitude. “Alti’chênes” est l’un des 16 nouveaux projets de régénération de la biodiversité financés par notre dividende écologique et c’est le coup de cœur de nos sociétaires.
“Tous les projets sont pertinents et ambitieux. Il me fut difficile d’en choisir un seul. Mais la forêt est tellement précieuse !”
Comme Martine, plus de 5 000 sociétaires ont pris part au vote sur notre Communauté MAIF afin de désigner leur projet coup de cœur 2026. Avant même les incendies ravageurs qui ont touché la France et l’Europe cet été, les membres de notre Communauté se sont montrés particulièrement sensibles à l’avenir de nos arbres. Ils ont plébiscité Alti’chênes, un projet expérimental porté par le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) d’Auvergne visant à préparer les forêts du Massif central au dérèglement climatique.
Estelle Cordonnier, présidente du Fonds MAIF pour le vivant« Le choix de nos sociétaires n’est pas un hasard. Alti'Chênes est un projet qui permet de répondre à plusieurs enjeux : l’adaptation au changement climatique évidemment, mais aussi la régénération de la biodiversité, des paysages, des sols ou encore la prévention des risques. »
Des chênes pris en étau
Sécheresses, canicules, gels tardifs, dépérissement des arbres... face aux risques climatiques, les forestiers se heurtent à une question chaque jour plus pressante : quelles essences planter aujourd’hui pour qu’elles résistent au monde de demain ? Selon Stéphane Cordonnier, chargé du projet Alti’chênes au CEN d’Auvergne, les chênes et les hêtres sont particulièrement menacés. En plaine et sur les collines, la hausse des températures fragilise ces grands feuillus emblématiques de nos forêts tempérées d'Europe centrale et occidentale. En montagne, la sylviculture de résineux, de plus en plus d’origine non locale, comme le sapin de Douglas, originaire d’Amérique du Nord, laisse peu de place à d’autres essences. C’est pourquoi Alti’chênes souhaite desserrer cet étau en expérimentant la montée du chêne en altitude entre 900 et 1 200 mètres, tout en renforçant la présence du hêtre qui y pousse déjà. “L’objectif, soyons ambitieux, est de réussir à sauver les hêtraies et les chênaies européennes”, espère le chargé du projet auvergnat.
Chantal, sociétaire membre de la Communauté MAIFIl est fondamental que les arbres puissent s’adapter au réchauffement de la planète. Pour le bien de tous, y compris de la faune et de la flore. Je soutiens ce projet à fond !
Miser sur les essences locales
Pour adapter les forêts au climat de demain, les expérimentations actuelles misent souvent sur des essences venues de régions plus chaudes. L’idée du Conservatoire ? Explorer une autre piste, celle d’espèces déjà présentes sur le territoire, en les plantant dans des conditions désormais plus favorables pour elles, en altitude.
Ce choix n’est pas seulement une question de “préférence locale”. Lorsque l’on plante un arbre, il forme un écosystème avec les insectes, les oiseaux, les lichens et autres organismes vivants qui lui sont associés. Introduire une essence exotique, c’est prendre le risque de ne pas reconstituer toute cette richesse. En misant sur des essences locales, Alti’chênes cherche donc à concilier adaptation climatique, production forestière et biodiversité.
Gisèle, sociétaire membre de la Communauté MAIFDiversifier les arbres de nos forêts est nécessaire. Merci à la MAIF de soutenir la biodiversité.
Les futurs feuillus seront donc plantés sur des parcelles déjà coupées, à la place des résineux. Les hêtres, qui nécessitent de l’ombre pour pousser correctement, pourront être plantés sous des peuplements existants. Le projet prévoit également de tester trois espèces de chênes différentes, toutes locales mais aux propriétés variées : le chêne pubescent, le chêne sessile et le chêne pédonculé.
Estelle Cordonnier, présidente du Fonds MAIF pour le vivantLe chêne porte une valeur symbolique forte. Il évoque à la fois la robustesse, la longévité et la transmission aux générations futures. Le projet Alti'chênes prépare nos forêts de demain tout en restaurant un patrimoine vivant.
Planter, semer, observer
Déployé sur 11 communes d’Auvergne-Rhône‑Alpes sur une surface totale de 11,5 hectares, le projet prévoit la plantation de 9 000 arbres et le semis de 32 000 glands, dont une partie sera récoltée localement, dans des zones où les chênes poussent déjà à la limite de leur altitude habituelle.
Pour maximiser les chances de réussite, les arbres seront plantés sur trois ans. Stéphane Cordonnier l’assume : le projet comporte une part de risque. Certains arbres plantés pourraient ne pas survivre aux sécheresses, gels tardifs ou autres aléas climatiques extrêmes. “Nous ne sommes pas sûrs que ça marche”, avoue le membre du CEN d’Auvergne. Mais c’est précisément là tout l’intérêt de la démarche : “aujourd’hui nous n’avons plus le temps de faire des suppositions derrière un bureau. L'urgence, c’est vraiment de tester les choses sur le terrain pour trouver ce qui fonctionne.”
Estelle Cordonnier, présidente du Fonds MAIF pour le vivantFace au changement climatique, nous n'échapperons pas à des phases d'expérimentation grandeur nature. En soutenant des projets comme Alti'Chênes, le Fonds MAIF pour le vivant aide à faire émerger des solutions qui pourront demain bénéficier à d'autres territoires.
Un projet à regarder pousser
Financé à hauteur de 122 565 € par notre Fonds MAIF pour le vivant, en partenariat avec le Fonds Nature 2050, sur un budget total de 251 833 €, Alti’chênes devrait être officiellement lancé en octobre 2026. Les plantations et les événements climatiques survenus sur les différents sites seront ensuite recensés dans le cadre du programme Nature 2050. “L’objectif, c’est que dans 25 ans nous ayons des chênes et des hêtres qui s’épanouissent en altitude. Là, nous pourrons dire que le projet est réussi.”
Alimenté par le dividende écologique, le...
Lire l'articleNous avons créé le Fonds MAIF pour le vivant pour restaurer les écosystèmes naturels, aux côtés des associations et des collectivités. Alimenté par notre dividende écologique – 10 % des résultats annuels nets du groupe MAIF –, il soutient des projets qui régénèrent la biodiversité et améliorent la résilience de nos territoires face aux risques climatiques.
Communauté MAIF
Vous souhaitez participer au prochain vote pour le projet coup de cœur, participer à nos jeux concours et partager vos bons plans entre sociétaires ?
Rejoignez la Communauté MAIF