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10 mai 2021 | Nouvelle-Aquitaine

Des cartes vertes encore plus vertes !

En résumé

Désormais, les contrats et cartes vertes de nos sociétaires MAIF sont imprimés sur du papier fabriqué dans le Limousin. Des fibres produites par l’usine International Paper de Saillat, très engagée dans le développement durable des forêts.

Une photographie avec la vue intérieure d'une usine, un immense rouleau de papier et un ouvrier.
Dans l'usine International Paper de Saillat, 650 salariés produisent à la fois de la pâte à papier et du papier. C'est la seule usine en France à maîtriser l’ensemble du processus de production, du bois au papier.
© Photo Adrien Daste

"Dans tous nos achats de papier, nous sommes très vigilants sur les labels, pour faire des choix écoresponsables, explique Philippe Coulais, responsable de la Logistique de l’information MAIF. Pour imprimer les cartes vertes ou les contrats de nos 3,2 millions de sociétaires, nous utilisions du papier recyclé, en provenance d’un pays européen, dont la traçabilité était incertaine… Et puis j’ai eu l’occasion de visiter l’usine papetière de Saillat, dans le Limousin, et j’ai été impressionné par tout ce qu’ils font d’un point de vue environnemental. Alors que nous cherchons tous à consommer local, cette usine à 150 km du siège de notre mutuelle nous a semblé extrêmement vertueuse, et nous avons donc envisagé d’utiliser leur papier fabriqué à partir de fibres vierges, provenant notamment des déchets de scieries. Après une étude approfondie, non seulement nous avons basculé vers ce fournisseur pour tout notre système éditique, mais avec la direction Achats, nous avons étudié la possibilité de l’adopter aussi pour les impressions courantes de nos salariés. Nous liquidons actuellement nos stocks, mais à la mi-2021 nous n’utiliserons plus que les papiers International Paper."

900 mètres de papier par minute !

Pour comprendre ce choix, nous vous emmenons sur l’immense complexe industriel de Saillat. Il est visible de loin, avec son panache de vapeur d’eau qui domine la sècherie. Dans cette partie de l’usine, la pâte à papier liquide devient une immense feuille qu’il faut sécher, de cylindres en cylindres, pour n’avoir plus que 5 % d’humidité à la sortie. Dans cette usine, les deux machines à papier tournent en permanence, 24 h/24. La plus grosse déroule une feuille de 5,70 m de large à une vitesse de 900 mètres par minute, pilotée par seulement trois personnes. "Vous pouvez voir tous ces chiffres sur les écrans de contrôle : les capteurs sont partout et la légende dit qu’il y a plus de boucle d’automatisation sur une machine à papier moderne que sur la fusée Ariane", explique Anthony Charbonneau, responsable Développement produits dans cette usine. En sa compagnie, prenez place pour une visite express de l’usine dans le podcast ci-dessous.

Dans ce parcours, le visiteur est frappé par l’ampleur des installations industrielles et surtout par les moyens mis en œuvre pour réduire l’impact de l’usine sur l’environnement. Des boucles vertueuses ont été créées. La liqueur blanche à base de soude caustique, injectée dans le lessiveur géant pour séparer la cellulose du bois, a été produite sur place grâce à différentes étapes de recyclage des jus de cuisson et l’usage d’une chaudière de récupération : "Nous arrivons à une boucle presque fermée, où il ne faut ajouter que 3 % de produits chimiques neuf à chaque cycle, précise Anthony Charbonneau. On cuit du bois, on fait de la pâte, et avec le résidu de cuisson, on fait de l’électricité et on renouvelle nos produits chimiques. En France, nous sommes la seule usine intégrée, du bois à la feuille, fonctionnant ainsi."

Une longueur d'avance

Ici, à l’échelle industrielle, chaque amélioration se chiffre par millions. Par exemple, International Paper a investi 20 millions d’euros dans une étape de délignification à l’oxygène en 2015. Ainsi, il faut moins de produits chimiques pour blanchir la pâte. Et cela améliore encore la qualité des rejets de l’usine dans la Vienne : "Nous avions déjà obtenu l’Écolabel européen avant cet investissement, et là, nous avons pris une longueur d’avance. Grâce aux procédés mis en œuvre ici, nous sommes aussi l’une des meilleures usines européennes en termes de CO2 par tonne de papier."

"Mais ce qui réduit d’abord notre empreinte carbone, c’est notre approvisionnement en bois qui se fait dans un rayon de 130 km. Nous produisons une pâte locale avec du bois local."

Une vue aérienne des bassins de lagunage de la station d'épuration de l'usine International Paper de Saillat.
Les bassins de lagunage de la station d'épuration de l'usine International Paper sont à la dimension de ce site industriel : gigantesques !
© Photo Adrien Daste

Effectivement, c’est dans les massifs forestiers voisins, ceux du Limousin ou de Dordogne notamment, que l’usine s’approvisionne : "Dans les départements qui nous entourent, les forêts sont constituées de trois quarts de feuillus et d’un quart de résineux et c’est exactement ce qu’il faut pour notre production de papier, détaille Emmanuel Ripout, directeur d’IP Forêt Services, filiale d’International Paper. La première chose que nous faisons, c’est de récolter des déchets de scieries. Ils constituent 30 % de notre approvisionnement. Le reste, ce sont des rondins qui proviennent des coupes d’éclaircie ou de taillis." Avec son autre filiale, le Comptoir des bois de Brive, l’usine IP de Saillat est directement impliquée dans l’exploitation forestière locale. Pour le compte d’un millier de propriétaires privés, elle gère environ 30 000 hectares de forêt.

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"Depuis le début des années 1990, le Sommet de Rio et le rapport Brundtland, il y a cette prise de conscience sur le développement durable, poursuit Emmanuel Ripout. Nous sommes très impliqués sur ces sujets de certification et de gestion forestière durable. Et nous sommes directement concernés par le réchauffement climatique dont nous mesurons les effets." Ces techniques de gestion durable des forêts, Emmanuel Ripout les explique dans le podcast ci-dessous, une promenade sonore dans le circuit forestier qui borde l’usine de Saillat :

Au terme des étapes pédagogiques de ce circuit, nous mesurons combien le choix d’un papier pour les services MAIF peut avoir un impact positif. Pour les 650 salariés de l’usine IP de Saillat bien sûr, mais aussi pour tous ceux qui sont concernés par la bonne gestion de ces espaces forestiers répartis sur une quinzaine de départements. Des propriétaires, des bûcherons, des chasseurs, des randonneurs et, bien sûr, les 2 400 espèces animales déjà répertoriées par Emmanuel Ripout et ses partenaires du WWF… Une fois encore, chaque acte compte.