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Vie privée et numérique

La MAIF et Reputation Squad dévoilent les résultats de leur enquête :

la prise de conscience des Français en matière de risques numériques reste plus théorique que pratique

 

Mardi 23 janvier, la MAIF et Reputation Squad ont révélé, lors d’un petit-déjeuner débat, les résultats d'une enquête sur les niveaux de connaissance et les pratiques des Français en matière d'e-réputation et de risques numériques. L'analyse des 350 000 données statistiques collectées par le dispositif de sensibilisation Mes Datas et Moi, lève le voile sur le paradoxe français en matière de protection de la vie privée en ligne. Car si, incontestablement, les Français s'inquiètent pour leurs données personnelles, ils ne semblent pas encore prêts à agir en conséquence pour les protéger.

Une existence numérique partiellement maîtrisée

Les Français sont de plus en plus connectés, et la porosité des frontières entre vie personnelle et vie numérique s'accroît. 39% d'entre nous admettent ne connaître réellement qu'une partie des 177 amis Facebook (1) que nous affichons en moyenne. L'analyse de 3,6 millions de commentaires Facebook, publiés sur les 100 plus grandes pages Facebook de médias français, révèle qu'une majorité (52%) de ces messages est publiée pendant les horaires usuels de travail (9h-12h et 14h-18h), quand 8,9% le sont pendant la nuit (entre minuit et 6h du matin).

Les Français ne semblent qu'en partie lucides sur les conséquences de leurs activités numériques. La moitié des utilisateurs Facebook estiment publier deux fois moins de statuts qu'en réalité. Sur Twitter, les internautes interrogés ne se souviennent pas d'un cinquième de leurs tweet, et reconnaissent qu'une fois sur quatre, ils retweetent sans avoir pris la peine de consulter le lien inclus dans le message initial. Les Français auraient aussi tendance à minimiser la quantité d'informations laissée à la disposition des acteurs numériques, 84% d'entre eux prétendent ne divulguer que très peu d'informations personnelles. Pourtant, à titre d'exemple, 58% des sondés reconnaissent avoir recours à la géolocalisation pour se déplacer à pied, quand 44% ignorent qu'elle reste active même quand ils ne l'utilisent pas.

Une inquiétude généralisée sur la valorisation des données personnelles

L'enquête Mes Datas et Moi révèle que trois Français sur quatre seraient inquiets quant à la sécurité de leurs données personnelles, et ce d'autant plus à mesure que leur âge augmente : si 66% des 0-18 ans sont préoccupés pour leurs données personnelles, cette proportion atteint 83% des 61-75 ans. En particulier, Facebook est une source d'inquiétude plus grande encore : 87% des Français interrogés redoutent que l'entreprise américaine ait accès à leurs données privées. Mais le secteur privé n'est pas seul à provoquer de la défiance : seuls 2% des personnes interrogées confieraient volontairement leurs données de santé à l'Etat - en oubliant, sans doute, de qui relève la Sécurité Sociale.

Une désinvolture persistante dans le comportement des utilisateurs

On constate que la prise de conscience des Français sur la valeur de leurs données personnelles reste plus théorique que pratique. Un internaute sur deux déclare n’avoir jamais lu les Conditions Générales d’Utilisation des services qu'il utilise. Sans doute ont-ils été découragés par la longueur de ces dernières. En effet, pas moins de 6508 mots constituent, en moyenne, les CGU de Facebook, Twitter, YouTube, Instagram, Pinterest et Reddit. Une partie de la jeune génération semble résignée à livrer ses données en échange de services attractifs et performants ; 10% des 0-18 ans assument ne rien mettre en œuvre pour protéger leurs données personnelles, et 80% d'entre eux sont prêts à conserver une application malgré une collecte abusive d'informations privées. Un cinquième des 19-30 ans déclare utiliser un tracker d'activité. Par ailleurs, le renforcement des droits des individus, avec notamment l'arrivée prochaine du RGPD (2) semble n'intéresser que les professionnels directement concernés. La discussion sur Twitter est à ce titre révélatrice : sur un échantillon d'utilisateurs ayant mentionné le "RGPD"  au cours des 6 derniers mois, le grand public est quasiment absent, et laisse place aux juristes et avocats, experts-comptables, professionnels du numérique, entrepreneurs et journalistes.

Pour Philippe Tauvel, directeur adjoint de la communication de la MAIF : “le manque de lucidité du grand public sur les risques numériques qui leur font face, et leur méconnaissance des outils et mécanismes juridiques susceptibles de les protéger, confirment le sens de l'action de sensibilisation que nous avons entreprise il y a plus de deux ans avec Mes Datas et Moi. La construction d'un monde numérique plus humain et éthique, que la Maif appelle de ses vœux, ne se fera pas sans les premiers concernés, et notamment, sans les jeunes générations."

Pour Albéric Guigou, président de Reputation Squad : "Il est de notre responsabilité, en tant que professionnels de la communication et du numérique, de participer à la démocratisation des savoirs en matière d'e-réputation et, plus largement, de risques numériques. Plus qu'alerter sur le déficit d'attention portée à la protection de la vie privée en ligne, cette enquête nous éclaire sur les axes prioritaires d'éducation et de sensibilisation du grand public, encore bien loin des considérations des professionnels du secteur".

Contact presse

Garry Menardeau I garry.menardeau@maif.fr I 05.49.73.75.86

Chloé Luce I cluce@reputationsquad.com I 01.83.64.66.83

(1) Source : Blog du modérateur, juin 2017. 

(2) Règlement Général sur la Protection des Données

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